Mobilité Internationale et
Citoyenneté Européenne dans le Tarn

Mireille payrastre

Rencontre avec Mireille Payrastre qui, depuis 2001, est responsable du volet européen au sein de la MJC.
Depuis l’an 2000, la MJC de Graulhet a ouvert ses activités à l’Europe avec l’obtention d’une accréditation pour l’accueil d’un volontaire européen au sein de la structure.

Françoise Calderon : Quel a été l’élément déclencheur pour que la MJC décide d'intègrer une dimension européenne à ses activités ?
Mireille Payrastre : Je pense que tout est venu de l’idée et de l’envie d’apporter une autre dimension à nos activités, de les orienter vers l’Europe, d’élargir un peu notre champ d’action et notre vision des choses. Et ce afin de ne pas se concentrer uniquement sur la ville de Graulhet ou le département du Tarn. Le premier accueil de volontaire s’étant bien passé, il fallait continuer. Diplômée de langues étrangères (anglais, espagnol, italien) et animatrice au sein de la MJC, j’étais très motivée pour prendre en charge cette mission.

FC : En quoi consiste le projet d’accueil des volontaires européens au sein de la MJC ?
MP : Au départ, c’était un accueil simple, mais dès la deuxième année, nous avons accueilli deux volontaires européens. Le projet a évolué parce qu’initialement nous proposions deux missions bien différenciées : une première mission qui était orientée vers la « cyber base » et qui pouvait donc correspondre au profil d'un volontaire qui s’intéressait à l’informatique. Le second projet était plus axé sur de l’animation plus traditionnelle au sein du centre de loisirs. Au fil du temps, les différents bilans que nous avons faits avec les volontaires successifs nous ont fait changer d’avis et nous avons fait évoluer le projet. Désormais c’est un projet commun et on essaie au  maximum de faire participer les volontaires à toutes les activités de la MJC : centre de loisirs, accompagnement scolaire, Europe, cyber base, clubs d’activités, animation locale… Donc les volontaires interviennent un peu partout.

FC : Comment évolue le projet d’accueil au fil des ans ?
MP : Chaque année le projet est différent et adapté au volontaire qui est là, on l’observe, on parle avec lui de ses envies. La mission, même si elle est balisée, se construit avec lui, on tient compte de ses propositions. Par exemple, il y a quelques années, une volontaire a voulu organiser un vide grenier, et depuis cela, cette action est devenue récurrente au sein de la MJC, et se déroule encore chaque année

FC : Qu’est ce que ça apporte à une structure telle que la MJC d’accueillir de jeunes européens ?
MP : Le constat que nous avons fait, qui nous a amené à évoluer aussi, en passant de l’accueil à l’envoi et à la coordination de projets SVE, c’est qu’on s’est rendu compte que la mobilité n’était pas quelque chose de naturel pour les jeunes graulhetois. Partir à Toulouse, c’est une aventure !  Donc pour la venue de la première volontaire on s’était dit « si les jeunes de Graulhet ne vont pas en Europe, autant faire venir l’Europe à Graulhet ». Et ça c’est avéré payant, parce que de ces rencontres, et c’est encore vrai aujourd’hui, naissent l’envie de partir, une meilleure ouverture culturelle et une plus grande ouverture d’esprit - non seulement pour les jeunes de la MJC, mais aussi pour ceux de la ville et du département -.
L’accueil de volontaires a changé beaucoup de choses aussi au sein de l’équipe de la MJC. Ça a été long à faire comprendre, notamment avec l’équipe d’animation : les volontaires font de l’animation mais ne sont pas des animateurs, alors quelles responsabilités peuvent-ils avoir ? Un volontaire n’est pas un salarié, c’est un statut particulier pas toujours facile à comprendre. Le plus important point positif c’est l’ouverture d’esprit : s’ouvrir plus aux autres, ouvrir la structure, l’équipe, le conseil d'administration, les usagers. Chaque année, c’est un enrichissement personnel aussi et je mesure à quel point c’est bénéfique pour la structure.

FC : Quelle interaction y a t-il entre les volontaires et le reste du territoire ?
MP : Une partie de la mission des volontaires que nous accueillons est d’aller à la rencontre des jeunes. On intervient dans tous les établissements scolaires de la ville, de la maternelle au lycée, pour provoquer la rencontre et donner de l’information. Dès lors que les établissements nous sollicitent, les volontaires se déplacent. Avec les plus jeunes, les volontaires parlent de leur culture, et avec les plus grands, les lycéens par exemple, ils parlent de mobilité.
Les volontaires participent également à des journées ou à des évènements d’information sur la mobilité dans tout le département, on répond toujours favorablement dès qu’il y a une sollicitation, pour aller témoigner sur la mobilité.
Au niveau local, il y a plus de 700 adhérents dans toutes les activités de la MJC et les volontaires participent gratuitement à toutes nos activités, ce qui favorise également la rencontre avec les graulhetois, quelque soit leur âge. Au niveau de la municipalité, le pôle Europe - mobilité est également très bien identifié.

FC : la MJC est également structure d’envoi SVE. Combien de personnes à l’année sont suivies dans ce cadre ?
MP : Depuis quelques années, nous sommes la seule structure d’envoi dans le Tarn. En moyenne, je suis environ une vingtaine de jeunes par an ; quatre ou cinq, issus de tout le département, partent. Beaucoup de jeunes se renseignent, entament des démarches mais cela n’aboutit pas forcément, peut-être le temps de recherche nécessaire pour trouver un projet est-il un peu trop long. Les jeunes veulent partir rapidement et pour ceux là, le SVE ne correspond pas forcément à leurs attentes. Donc, dans ce cas là, je les oriente vers d’autres associations, comme celles qui s’occupent de chantiers internationaux ou d’autres qui peuvent les aider à trouver des jobs à l’étranger.
Etre structure d’envoi c’est beaucoup de travail pour peu de résultats et assez peu d’envois. Ce qui est financé, c’est le succès, donc cela demande beaucoup d’investissement.

FC : Comment se passe un accompagnement SVE ?
MP : Le premier contact est souvent un appel ou un mail. Ensuite, je provoque une rencontre pour bien expliquer le dispositif et la réalité du SVE, la description des étapes : comment trouver un projet, comment candidater, qu’est ce que c’est qu'être un volontaire. Je pose tous les éléments du dispositif et ensuite, je propose aux jeunes un accompagnement à l’écriture, de la lettre de motivation au CV. En fonction de la distance kilométrique qui les sépare de Graulhet, certains reviennent, sinon, nous travaillons à distance, par mail ou par téléphone.
Pendant la période de volontariat, j’ai assez peu de contacts avec les jeunes qui sont partis mais je suis toujours disponible s’ils me sollicitent. En revanche, au retour, je m’occupe avec eux des démarches administratives nécessaires et je fais un bilan avec eux sur leur expérience et sur ce qu’ils en ont tiré. Certains anciens volontaires deviennent à leur tour des personnes ressources que je sollicite lorsque nous avons besoin de témoignages par exemple.

FC : La MJC de Graulhet est également structure coordinatrice, en quoi consiste cette mission ?
MP : Nous avons été sollicités pour devenir structure coordinatrice quand une autre structure, les Compagnons Bâtisseurs, a cessé son activité. Cela nous a semblé logique et pertinent de prendre le relais et de s’orienter vers cette nouvelle activité avec des partenaires locaux. Cela représente dans les faits, la gestion de l’accueil de cinq volontaires sur le département.

FC : Comment s’organise le partenariat avec les structures d’accueil du département dont les projets d’accueil sont coordonnés par la MJC de Graulhet ?
MP : Les projets d’accueils sont déjà existants, notre rôle est de s’occuper de la partie administrative : montage de  dossier, suivi des volontaires, inscriptions aux formations, séminaires, ainsi que la vérification des assurances, l'achat des billets, la logistique globale du projet. Nous recevons la subvention et nous la retransmettons ensuite aux différentes structures qui gèrent l’accueil sur le terrain et qui gèrent le quotidien - appartement, argent de poche …-
Des tuteurs sont identifiés sur chacune des structures et moi je suis tutrice « en secours », je peux intervenir s’il y a un souci par exemple, afin de faire un travail de médiation si nécessaire.

FC : Aujourd’hui, la MJC de Graulhet est un surtout un relais local d’appui sur le territoire tarnais, comment cela se traduit-il sur le terrain ?
MP : En tant que relais local, on est toujours une source d’information. Je peux être appui et soutien pour toute structure qui souhaite s’impliquer dans le dispositif. On peut m’appeler pour tous les sujets : notamment pour le montage du dossier, pour la demande d’accréditation, la rédaction du dossier de demande de subvention. Un jeune, une structure, peuvent me contacter pour la mise en œuvre de leur projet de mobilité et je peux soit les renseigner, soit les accompagner, soit les diriger vers d’autres structures -pour le SVE court terme par exemple, certaines structures sont spécialisées-. Je peux aider sur les dispositifs, les formulaires, la partie administrative. Je participe également régulièrement à des formations et à des regroupements et je peux transmettre les informations que j’ai à ceux qui n’ont pas le temps de s’en occuper dans leurs structures.

FC : Quels sont les projets à venir au sein de la MJC et les perspectives de développement ?
MJC : Le projet serait d’accueillir peut être un échange de jeunes, notamment dans le cadre du jumelage, et peut être même de mettre en place des rencontres internationales, en plus de l’accueil des volontaires. Le développement de formations au sein de la MJC serait également une perspective intéressante.

Auteur : Françoise CALDERON  – Association Contrôle-Z

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